UN PEU D’HISTOIRE

Andrew Taylor Still

Le concepteur et créateur de l’ostéopathie est Andrew Taylor Still (1828-1917), fils de pasteur médecin, lui-même médecin et chirurgien. Lors d’une épidémie de méningite, il ne put sauver trois de ses enfants qui décédèrent. En réaction, face à l’impuissance de la médecine telle qu’elle lui avait été enseignée, il chercha des moyens pour soigner plus efficacement. Il chercha aussi à comprendre pourquoi certains de ses enfants avaient succombé alors que les autres avaient survécu. Tous ayant été au contact du même virus, qu’est-ce qui expliquait cette différence face à la maladie ? L’aboutissement de ses recherches fut la fondation de l’ostéopathie qui marqua son divorce avec la médecine traditionnelle. En effet, en utilisant uniquement ses mains, il parvenait à guérir toutes sortes de maladies devant lesquelles ses pairs étaient impuissants ce qui irritait au plus haut point ses confrères.

Il créa aussi la toute première école d’ostéopathie qui diplôme toujours les étudiants du titre de « docteur en ostéopathie » (D.O) et non pas de « docteur en médecine » (M.D), Still ayant voulu par-là, dès l’origine, bien séparer ces deux pratiques.

Cette antinomie de départ a marqué toute l’évolution de l’ostéopathie. En effet, dans son pays d’origine, elle lutta de nombreuses années contre les instances médicales officielles mais finit par obtenir le droit d’être reconnue comme une médecine à part entière.

En France aussi, les débuts furent difficiles ; cependant en 2002, l’ostéopathie a été reconnue officiellement et les décrets régissant sa pratique ont été promulgués en 2007. Dans notre pays, nous avons des diplômés en ostéopathie (D.O) et non des docteurs en ostéopathie (D.O aussi) car l’ostéopathie n’est pas reconnue comme une médecine à part entière mais comme une pratique paramédicale.

Il est bien spécifié dans l’article premier de ces décrets que « les praticiens justifiant d’un titre d’ostéopathe sont autorisés à pratiquer des manipulations ayant pour seul but de prévenir ou de remédier à des troubles fonctionnels du corps humain, à l’exclusion des pathologies organiques qui nécessitent une intervention thérapeutique, médicale, chirurgicale, médicamenteuse ou par agents physiques ».

Les troubles fonctionnels sont les maux ou maladies pour lesquels la médecine avec ses moyens d’exploration, ne trouve aucun support lésionnel décelable. Il s’ensuit que les personnes qui viennent consulter, ressentent des douleurs ou des symptômes qui peuvent être très invalidants et cherchent des solutions (là aussi parfois depuis longtemps) que la médecine a du mal à prendre en compte puisqu’elle n’y voit aucune pathologie et donc aucune cause à soigner. Cependant, un trouble fonctionnel qui perdure, va avoir un impact au niveau des structures corporelles et au bout d’un certain temps, il sera possible d’objectiver des lésions qu’il aurait été possible d’éviter si une solution avait pu être apporter plus tôt.

L’ostéopathie par sa vision et son cadre spécifique de décryptage permet de diagnostiquer des lésions ou des perturbations « ostéopathiques » (qui sont des restrictions ou pertes de mobilité d’une structure corporelle) donnant ainsi la possibilité d’expliquer et de traiter les symptômes présents. Certes, elle n’est pas une méthode de soins universelle et ne remplacera jamais la chirurgie ou les traitements médicamenteux nécessaires ; mais elle permet de traiter avec succès nombre de problèmes et d’aider à mieux supporter des maladies organiques c’est à dire celles pour lesquelles la médecine a mis en évidence une atteinte lésionnelle.