LES BASES

Pour pouvoir atteindre ce résultat, il me faut parler des principes qui sous-tendent la théorie de l’ostéopathie.

Le fondement de celle-ci, c’est que toute perte ou restriction de mobilité des structures organiques entraîne des dysfonctionnements (en particulier vasculaires) et perturbent l’homéostasie (faculté permettant de maintenir ou rétablir, par des mécanismes d’autorégulation, un équilibre physiologique quelles que soient les conditions extérieures). Still a découvert qu’en restaurant la mobilité structurelle corporelle, cette dernière, grâce à l’amélioration de la circulation sanguine induite permettait aux systèmes d’adaptation, régulation, réparation, défense et compensation, parties prenantes de l’homéostasie, de retrouver tout leur potentiel favorisant ainsi l’auto-guérison. L’ostéopathie n’est que l’art de trouver l’information juste (qui est une restitution d’information de mouvement) dont l’organisme a besoin pour s’auto-réparer.

Ce fondement est en lien direct avec un autre principe de base qui est l’interaction permanente entre la structure d’un organe et sa fonction. C’est à dire: la forme et la constitution anatomique d’un organe permettent à sa fonction de s’exprimer (par exemple un poumon de par sa forme et sa construction permet de respirer, la respiration étant sa fonction) et réciproquement la fonction elle-même participe à l’entretien de la structure. Une articulation immobilisée par un plâtre par exemple s’ankylose et c’est le mouvement qui va permettre de retrouver une structure articulaire physiologique. Si une fonction ne peut exister sans structure, toute structure perdant sa fonction dégénère. Donc s’occuper des structures corporelles tend à améliorer les fonctions du corps.

Un autre principe important est l’unité corporelle, base de la vision ostéopathique holistique (qui s’intéresse à son objet comme constituant un tout, une globalité). Le dictionnaire définit l’unité comme : « caractère de ce qui forme un tout par la liaison organique de ses parties, sa cohérence ou son harmonie » et par « caractère de ce qui est unique ». Toutes les parties du corps sont en interrelation et interdépendance par des liens physiologiques (le système nerveux, vasculaire, …); elles sont, de plus, toutes issues d’une même cellule de base : un ovule fécondé par un spermatozoïde. Bien que distinctes, elles ne forment donc qu’une unique structure continue ce qui explique qu’une action sur une partie du corps a une répercussion sur sa globalité.

La génétique nous explique aussi pourquoi nous sommes uniques (les gènes participant également à la cohérence et harmonie de tout organisme). Je reviendrai plus loin et de façon plus globale dans un chapitre suivant sur ce principe d’unité.

Après avoir vu les principaux fondements de l’ostéopathie, il reste à expliquer comment ils sont appliqués dans la pratique ostéopathique :

  • le corps étant un tout, il est nécessaire de chercher et trouver les restrictions de mouvement sur la totalité du corps dans ses trois grands sous-ensembles que sont le système musculo-squelettique, la sphère crânienne et la sphère viscérale.
  • pour chaque organe, il faut rechercher d’une part la mobilité (faculté ou capacité de mouvement) de sa structure, d’autre part la motilité (faculté ou capacité de se mouvoir correspondant à l’ensemble des mouvements intrinsèques de l’organe), ces deux facteurs permettant de déduire sa capacité à assumer sa fonction.
  • au niveau crânien existerait le « mouvement respiratoire primaire » (MRP) qui est un mouvement involontaire rythmique d’expansion/rétraction. Ce concept créé par William Garner Sutherland (1873-1954, élève de Still) correspondrait à un mouvement physiologique infime, résultat de la respiration tissulaire (le « souffle de vie » comme l’appelait Sutherland) primordiale (primaire) c’est à dire à l’origine de tous les mouvements. J’ai conjugué les phrases précédentes au conditionnel car si vous faites des recherches, vous pourrez vous rendre compte que ce concept ne fait pas l’unanimité dans la profession. Personnellement, il m’aide à interpréter mes perceptions et me permet d’obtenir des résultats; donc tant que cette cohérence perdurera, je conserverai ce concept comme une vérité ou un système de croyance aidant. (Rappelons qu’un concept est une construction mentale interprétative de la réalité et non pas la réalité elle-même. Car le mot qui désigne la chose n’est pas la chose: essayez donc de vous asseoir sur le mot chaise !)